Ce site est destiné à compléter la revue "Lu P'tit Macu" qui a été éditée pendant 26 ans et qui ne paraîtra plus qu'épisodiquement

Nous allons essayer de vous présenter la vie de nos trois villages : Sugny, Bagimont et Pussemange que nous engloberons sous le terme" l'Enclave".

Suite à l'article concernant les chevaux réquisitionnés, paru dans le P'tit Macu n° 88 nous avons reçu le message suivant :

"Qu’avez-vous comme renseignements sur cette liste du 4 avril .

  1. Cette liste a-t- été établie par une administration ou qui l’aurait écrite.
  2. A qui était-elle destinée.
  3. Comment est-elle réapparue
  4. Ces chevaux représentent-ils la totalité des chevaux de village.
  5. Et à Bagimont et à Pussemange ?

 

Le terme « réquisition » suppose que l’usage des chevaux était momentané.

Je dis cela parce que, pendant la guerre, ici à Bièvre (où le mayeur était un collaborateur), les allemands avaient fait de nombreuses coupes dans les bois communaux et avaient besoin de chevaux pour effectuer les travaux que cela nécessitait..

 

Pour cela, chaque possesseur de cheval était tenu de prester régulièrement une journée de travail avec son cheval.

 

Une liste avait été dressée. Chacun connaissait son jour de travail. Mais, des empêchements pouvaient survenir et en ce cas, la permission de s’absenter devait être demandée au mayeur Etant jeune à l’époque, mon père m’envoyait à Bièvre faire la dite démarche.

 

Nous avions en 40-45 un cultivateur voisin, mais établi sur Bièvre et ayant un cheval ; il procédait au dégarage entre autres, des wagons de farine de ravitaillement ; farine que nous remettions aux boulangers du coin et dont une partie était répartie par nos soins dans les communes voisines où il n’y avait pas de boulangers.

 

Il nous fallait aussi le cheval quand nous chargions les céréales livrées par les fermiers.

 

A cette époque, les jeunes gens étaient contraints de se présenter à la Werbestelle, qui triait ceux désignés pour l’Allemagne.

Afin d’éviter ce départ, on tâchait alors de présenter le plus de certificats possible, attestant que l’on travaillait pour le ravitaillement.

Un copain aussi trichait sur les hectares cultivés et se déclarait transporteur de bois, ce qui lui a permis d’éviter la déportation.

 

Une autre pratique allemande, en 14-18, était de faire présenter les chevaux à le remontre. Les allemands choisissaient alors certains chevaux et les emportaient. Les besoins en chevaux étaient énormes ; c’était une occasion pour eux de s’en procurer à bon compte.

 

Je ne puis assurer si cela se passait encore en 40-45.

 

Louis Baijot, Graide 29/10/2012.

chevaux et soldats allemands